Page:Thackeray - La Foire aux vanites 1.djvu/250

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gardes-du-corps, vrai Dieu ! voilà un fameux gaillard. Il me plaît pour avoir épousé la femme qu’il aimait. »

Amélia admirait beaucoup M. Crawley à cause de son équipée, trop peut-être. Rebecca ne pouvait manquer d’être heureuse avec lui, et elle disait en riant que Jos finirait bien par en prendre son parti.

C’est ainsi que le couple amoureux était revenu aux épanchements des premiers jours. Amélia avait repris toute sa confiance, tout en se disant très-jalouse de miss Swartz et en témoignant, la petite hypocrite, la plus vive terreur de se voir oubliée par George pour l’héritière de Saint-Kitts aux immenses richesses et aux vastes domaines. Mais, en fait, elle était trop heureuse pour ressentir des craintes ou des doutes ; elle voyait George à ses côtés ; aucune héritière, aucune beauté ne pouvait plus maintenant lui causer de terreur.

Quand le capitaine Dobbin revint dans l’après-midi pour rendre compte de ses négociations, son cœur s’épanouit en voyant Amélia reprendre la fraîcheur de la jeunesse, en l’entendant rire, badiner et chanter au piano ses vieilles romances, jusqu’au moment où retentit la sonnette de la porte. C’était M. Sedley qui rentrait, et George dut battre en retraite devant lui.

Après le premier sourire d’arrivée, miss Sedley ne s’était pas plus inquiétée de Dobbin que s’il n’y était pas. Pour lui, il se sentait heureux du bonheur de la jeune fille, et s’applaudissait de pouvoir s’en faire l’instrument.


CHAPITRE XXI.

Querelle à propos d’une héritière.

Les mérites incontestables que possédait miss Swartz avaient assurément de quoi inspirer une violente passion, et l’âme du vieil Osborne se berçait déjà de mille rêves ambitieux qu’il espérait bientôt, grâce à cette héritière, voir passer à l’état de réalités. Il était ravi des avances et des cajoleries que ses filles faisaient