Page:Tharaud - Dingley.djvu/141

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autour du camp une barrière de fils électriques et des chapelets de sonnettes, afin de rendre plus aisée la besogne des sentinelles. Là encore un prédicateur, un pasteur boer cette fois, faisait une harangue en plein air. Dingley n’entendait pas ses paroles, mais il en devinait le sens. Celui-là aussi criait à son public d’affamés et de fiévreux : « Dieu est avec nous ! » Et il le prouvait sans doute, comme un clown après maints tours retombe toujours sur ses pieds.

Il erra jusqu’à la nuit dans cette campagne désolée, autour de cette ville de toile, dont le vent faisait claquer les tentes. Ce vent qui passait sur cette plaine, emportait au loin, par delà les montagnes et les fleuves, sur les routes libres du ciel, avec les poussières, des germes mortels. Archie l’avait-il respiré ?

Toute la garnison prévenue que Dingley dînait au mess, emplissait déjà la salle quand le romancier entra.

Dès qu’il parut sur le seuil, sir John Carey leva son verre :