Page:Tharaud - Dingley.djvu/146

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papillon qui voletait entre les bougies et les convives, réveillait au fond de sa mémoire le souvenir de cet oiseau des légendes saxonnes qui entre, un soir d’hiver, dans la salle du festin où le roi des Northumbres s’enivre avec ses guerriers. Il arrive des profondeurs de la nuit, traverse la salle éclairée et disparaît aussitôt dans les ténèbres — vieux symbole de la vie, passage rapide dans un court espace de lumière, entre deux éternités d’ombre.

À ce moment le major Carey porta la santé du romancier :

— Je lève mon verre à celui qui par ses poèmes et ses contes a noué entre la Métropole et les Colonies des liens plus forts que la mort ; à celui à qui nous devons d’avoir vu, dans un élan fraternel, accourir à la défense d’une terre d’Empire menacée, Canadiens, Australiens, Indiens, Néo-Zélandais : au héraut de l’Empire, à notre hôte, Dingley !

Quand les hurrahs se furent apaisés, le romancier se leva et répondit en martelant ses mots :