Page:Tharaud - Dingley.djvu/39

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sablonneuse pour s’y abriter des shrapnells, tandis qu’à un mille à peine, cent vingt canons tiraient sur eux à la lyddite, nuit et jour ; et tout cela, il le racontait avec des mots familiers, un air imperturbable et un accent naïf, qui donnaient à ces scènes de carnage une réalité si vivante que Mistress Dingley elle-même, tout émue qu’elle fût par ce drame lointain, en oubliait par instant l’horreur pour s’abandonner au plaisir de ces évocations dramatiques.

Le troisième jour, arriva la nouvelle que les obstinés paysans avaient refusé l’offre du noble général Roberts d’arracher femmes et enfants à cette averse de feu, et de les recevoir dans son camp.

— Tant pis pour eux ! dit Dingley qui adorait les enfants et qu’exaspérait la pensée qu’on allait rendre l’armée anglaise responsable de ce massacre d’Hérode. Le problème sera plus vite tranché, si ces brutes sauvages s’amusent à faire tuer leurs petits.

Le soir du cinquième jour, sur la fin du