Taisez-vous…
Ce n’est pas à vous que je parle ! Je me parle à moi. Je me parle de vous. (Plaidant avec chaleur.) Voilà une femme qui a consacré sa vie à l’étude pour arriver à défendre un jour, au moyen des textes et grâce à ses ressources oratoires, pour arriver à défendre le veuf et l’orpheline ! Cette femme a gardé dans la poussière des bibliothèques l’exquise sentimentalité féminine. Je suis sûr, — c’est une pure supposition, — que si un malheureux comme moi tournait un jour vers une personne comme vous, des yeux suppliants… vous l’écouteriez !
Je vous en prie, ne parlons pas de moi. Je suis votre avocat, je vais prendre quelques notes…
Oui, écrivez… écrivez que je vous trouve exquise !
Vous allez m’obliger à me retirer.
Pourquoi avez-vous choisi, vous autres femmes, la carrière d’avocat ? Pour l’exercer comme un homme ? ce n’est pas la peine ! Nous avons assez d’avocats ! Ce que nous vous demandons, ce n’est pas d’apporter dans nos prisons des qualités de juriste, mais le charme et le sourire féminins ! Et vous êtes capable d’une délicieuse pitié !
Ah ! non ! non ! Je n’irai pas jusque-là…
Je sais bien. Il ne s’agit ni de vous ni de moi. Vous,