Page:Thiers Adolphe - Histoire de la Révolution française t1 (1839).pdf/347

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à mon cœur Quoi ! des brouillons, d'insensés ambitieux, de vils intriguans, chercheront par des voies tortueuses à désunir ma patrie ; ils fonderont leurs systèmes destructeurs sur d'insidieux avantages : ils te diront : Tu as deux intérêts ; et toute ta gloire, et toute ta puissance, si jalousée de tes voisins, se dissipera comme une légère fumée chassée par le vent du midi ! Non, j'en prononce devant toi le serment ; que ma langue desséchée s'attache à mon palais, si jamais j'oublie tes grandeurs et tes solennités.

« Que cet appareil religieux répandait d'éclat sur cette pompe tout humaine ! Sans toi, religion vénérable, ce n'eût été qu'un vain étalage d'orgueil ; mais tu épures et sanctifies, tu agrandis la grandeur même ; les rois, les puissans du siècle, rendent aussi, eux, par des respects au moins simulés, hommage au Roi des rois… Oui, à Dieu seul appartient honneur, empire, gloire… Ces cérémonies saintes, ces chants, ces prêtres revêtus de l'habit du sacrifice, ces parfums, ce dais, ce soleil rayonnant d'or et de pierreries… Je me rappelais les paroles du prophète : Filles de Jérusalem, votre roi s'avance ; prenez vos robes nuptiales et courez au-devant de lui Des larmes de joie coulaient de mes yeux. Mon Dieu, ma patrie, mes concitoyens, étaient devenus moi

« Arrivés à Saint-Louis, les trois ordres s'assirent sur des banquettes placées dans la nef. Le roi et la reine se mirent sous un dais de velours violet, semé de fleurs de lis d'or ; les princes, les princesses, les grands-officiers de la couronne, les dames du palais, occupaient l'enceinte réservée à Leurs Majestés. Le saint-sacrement fut porté sur l'autel au son de la plus expressive musique. C'était un ô salutaris hostia. Ce chant naturel, mais vrai, mélodieux, dégagé du fatras d'instrumens qui étouffent