Page:Tinayre - Les Lampes voilees.djvu/38

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contre le corsage noir de la grand’mère et cache obstinément ses yeux.

— C’est craintif, dit le père. Ça n’a jamais quitté la maison.

Il raconte la longue maladie de l’enfant, le cruel voyage, la frayeur qu’a eue la grand’mère sur le bateau…

— À la fin on est arrivé. On a vu monsieur le Directeur hier soir et ce matin. Il m’a bien reconsolé ; il a dit que peut-être le corps du petit se referait tout seul, sans qu’on le mette dans le plâtre.

Le gamin, à ce mot de plâtre, se prend à crier :

— Papa, j’veux pas qu’on me mette dans le plâtre. J’veux m’en aller. Je veux coucher avec grand’mère…

— Bon Dieu ! Voilà qu’il recommence ! dit le père, complètement découragé… André ! mon André !… Mon garçon !… Crie pas comme ça !… T’as pas honte !… À sept ans !… Mais puisqu’on te dit qu’on ne t’y mettra pas, dans le plâtre… Si tu n’es pas