Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/161

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— Oui, comte, Dieu soit loué. Eh bien, qu’y a-t-il de neuf dans l’armée ?

— Les nôtres ont de nouveau reculé. On dit qu’ils sont déjà sous Smolensk.

— Mon Dieu ! mon Dieu ! fit le comte. Où est le manifeste ?

— Le manifeste ? Ah ! oui ! Pierre se mit à chercher dans ses poches mais il n’y pouvait trouver le papier. Tout en continuant à fouiller dans ses poches, il baisa la main de la comtesse qui entrait, et il regardait autour de lui, inquiet, remarquant évidemment que Natacha, qui ne chantait plus, ne venait pas au salon.

Ma parole, je ne sais plus où je l’ai fourré, dit-il.

— Il perd toujours tout, dit la comtesse.

Natacha entra avec le visage ému, adouci, et s’assit en silence en regardant Pierre. Dès qu’elle entra, le visage assombri de Pierre s’éclaira. Tout en cherchant le papier il la regarda plusieurs fois.

— Vraiment, j’irai à la maison, je l’ai oublié, c’est sûr.

— Alors vous serez en retard pour le dîner.

— Justement le cocher est parti.

Sonia qui était allée dans l’antichambre pour chercher le papier le trouva dans le chapeau de Pierre où il l’avait mis très soigneusement sous la coiffe. Pierre voulut lire.

— Non, après dîner, dit le vieux comte, qui sem-