Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/198

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commandement en chef, par son énergie, influence Alexandre, et tous les plans de Pfull sont abandonnés et l’affaire confiée à Barclay.

Mais puisque Barclay n’inspire pas de confiance, son pouvoir est limité. Les armées sont séparées, il n’y a pas d’unité, de commandement. Barclay n’est pas populaire mais, de tout cet embrouillement, de la division de l’armée et de l’impopularité de l’Allemand commandant en chef, il résulte, d’une part, l’indécision, la crainte de livrer la bataille (qu’on n’aurait pas pu éviter si les armées avaient été unies et si le chef n’eût été Barclay), d’autre part, l’indignation croissante contre les Allemands et l’excitation de l’esprit patriotique.

Enfin, l’empereur quitte l’armée sous le prétexte le plus commode pour son départ : qu’il lui faut aussi animer le peuple des capitales pour exciter la guerre nationale. Et ce voyage de l’empereur à Moscou triple les forces de l’armée russe.

L’empereur quitte l’armée pour ne pas gêner l’activité du pouvoir du commandant en chef, et il espère que celui-ci prendra alors une mesure plus décisive. Mais la situation du commandant des armées s’embrouille et s’affaiblit encore plus. Benigsen, le grand-duc et l’essaim des généraux aides de camp restent à l’armée pour suivre les actes du général en chef et l’exciter à l’énergie. Mais Barclay, se sentant encore moins libre sous tous ces yeux que sous ceux de l’empereur, devient