Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/22

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tallée de la veille sur la rive gauche du Niémen et regarda dans une longue vue le défilé de ses troupes qui sortaient de la forêt de Vilkovisk et se déroulaient le long des trois ponts jetés sur le Niémen. Les soldats, qui avaient connaissance de la présence de l’empereur, le cherchaient des yeux et quand ils aperçurent, sur le monticule, devant sa tente, la figure, en redingote et chapeau, écartée de la suite, ils jetèrent leurs bonnets en l’air et crièrent : Vive l’Empereur ; et, les uns après les autres, ils débouchaient de l’immense forêt qui les cachait, jusqu’au moment où ils se divisaient pour gagner l’autre bord en franchissant les trois ponts.

On fera du chemin cette fois-ci. Oh ! quand il s’en mêle lui-même, ça chauffe… Nom. de Dieu ! Le voila !… Vive l’Empereur !…

Les voila donc les steppes de l’Asie ! Vilain pays tout de même. Au revoir, Beauché ; je te réserve le plus beau palais de Moscou. Au revoir ! bonne chance… L’as-tu vu, l’Empereur ? Vive l’Empereur !… preur ! Si on me fait gouverneur aux Indes, Gérard, je te fais ministre de Cachemire, c’est arrêté. Vive l’Empereur ! Vive ! Vive ! Vive ! Les gredins de Cosaques, comme ils filent ! Vive l’Empereur ! Le voilà ! Le vois-tu ? Je l’ai vu une fois comme je te vois. Le petit caporal… Je l’ai vu donner la croix à l’un des vieux… Vive l’Empereur !… disaient des hommes vieux et jeunes,