Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/271

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devant le maréchal de la noblesse, elle s’approcha de la porte du vieux prince. Le docteur, le visage troublé sortait ; il lui défendit d’entrer : Allez, allez, princesse, allez !

La princesse Marie retourna au jardin et près de l’étang, l’endroit où personne ne pouvait la voir, elle s’assit sur l’herbe. Elle ne sut pas au juste combien de temps elle y resta.

Les pas d’une femme qui courait dans l’allée la firent se ressaisir. Elle se leva et aperçut Douniacha, sa femme de chambre, qui évidemment courait la chercher. Tout à coup, comme effrayée de la vue de sa demoiselle, elle s’arrêta.

— S’il vous plaît, princesse… le prince… prononça Douniacha d’une voix entrecoupée.

— Tout de suite, j’y vais, j’y vais, dit hâtivement la princesse sans laisser à Douniacha le temps d’achever ce qu’elle avait à dire. Et, tâchant de ne pas voir Douniacha, elle courut à la maison.

— Princesse, la volonté de Dieu s’accomplit, vous devez être prête à tout, lui dit le maréchal de la noblesse en la rencontrant près de la porte d’entrée.

— Laissez ! Non, ce n’est pas vrai ! lui cria-t-elle méchamment. Le docteur voulut l’arrêter, elle le repoussa et courut vers la porte. « Et pourquoi ces hommes aux visages effrayés m’arrêtent-ils ? Je n’ai besoin de personne ! Et que font-ils ici ? » Elle ouvrit la porte, la lumière claire du jour,