Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/177

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ne comprenait pas le sens des paroles à lui adressées, il tâchait de lire quelque chose de particulier sur le visage de son interlocuteur. Rostoptchine confus se tut. Koutouzov hocha un peu la tête, et sans quitter du regard le visage de Rostoptchine, il prononça doucement :

— Mais oui, je ne donnerai pas Moscou sans livrer la bataille.

Koutouzov pensait-il à autre chose en prononçant ces mots, ou les disait-il en ayant conscience de leur insanité ? Mais le comte Rostoptchine ne répondit rien et s’éloigna hâtivement de Koutouzov, et, chose étrange, le général gouverneur de Moscou, le fier comte Rostoptchine, prenant une cravache à la main, s’approcha du pont et, avec des cris, se mit à faire circuler les chariots entassés.