Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/179

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L’interprète s’adressa à un vieux portier et lui demanda si le Kremlin était loin. Le portier écouta avec étonnement son accent polonais, étranger pour lui. Il ne reconnaissait point des paroles russes dans la voix de l’interprète, ne comprenait pas ce qu’il disait et il se cacha derrière les autres.

Murat s’approcha de l’interprète et ordonna de demander où se trouvaient les troupes russes. Un des Russes comprit ce qu’on demandait et quelques voix se mirent à répondre ensemble.

Un officier de l’avant-poste rejoignit Murat et lui rapporta que les portes de la forteresse étaient barrées et qu’il devait y avoir là un traquenard.

— Bon, dit Murat ; et, s’adressant à un des personnages de sa suite, il ordonna de faire avancer quatre canons légers et d’attaquer les portes.

L’artillerie sortit au trot de la colonne qui suivait Murat et s’approcha de l’Arbate. Arrivée au bout de la rue Vosdvijenka, l’artillerie s’arrêta et se rangea sur la place. Quelques officiers français installaient les canons et regardaient le Kremlin avec une longue-vue.

Au Kremlin on carillonnait les vêpres et ce carillon stupéfiait les Français. Ils supposaient que c’était l’appel aux armes. Quelques fantassins accoururent vers les portes Koutafevsky. Des poutres barraient les portes. Dès que l’officier s’avança avec sa canonnade, deux coups de feu éclatèrent derrière les portes. Le général qui se trouvait près