Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/187

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XXVII

Le rayonnement des Français dans Moscou, le jour du 2 septembre, n’atteignit que dans la soirée le quartier qu’habitait maintenant Pierre. Après les deux dernières journées passées dans l’isolement et d’une façon extraordinaire, Pierre se trouvait dans un état proche de la folie. Une seule pensée s’était emparée de son être. Il ne savait lui-même comment et quand, mais cette pensée l’obsédait avec une telle force qu’il ne se rappelait plus le passé, ne comprenait rien au présent et que tout ce qu’il voyait et entendait se passait en lui comme un rêve.

Pierre n’avait quitté sa maison que pour échapper aux complications de sa vie que, dans son état d’alors, il n’était pas capable de débrouiller. Il n’était allé dans le logement de Joseph Alexéiévitch, sous le prétexte de classer les livres et les papiers du défunt, que pour chercher le calme, et, avec le souvenir de Joseph Alexéiévitch, à son