Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/271

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III

Neuf jours après l’abandon de Moscou, l’envoyé de Koutouzov arrivait à Pétersbourg avec la nouvelle officielle de l’abandon de Moscou. Cet envoyé était un Français, Michaud, qui ne savait pas le russe, mais, quoique étranger, Russe de cœur et d’âme, comme il le disait lui-même.

L’empereur reçut aussitôt l’envoyé dans son cabinet de travail, au palais de l’île Kamménï. Michaud, qui n’avait jamais vu Moscou avant la campagne et qui ne savait pas le russe, néanmoins se sentit ému quand il parut devant notre très gracieux souverain (comme il l’écrivit) avec la nouvelle de l’incendie de Moscou, dont les flammes éclairaient sa route.

Bien que la source du chagrin de M. Michaud dût être autre que celle d’où coulait la douleur des Russes, Michaud avait un visage si triste, quand il