Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/327

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XI

De la maison du prince Tcherbatov on conduisit les prisonniers en bas, par le champ Dévitché, à gauche du couvent des vierges, à un endroit où se trouvait un poteau. Derrière le poteau il y avait un grand trou fraîchement creusé et, près du trou et du poteau, se tenait une grande foule. Elle était composée d’un petit nombre de Russes et de beaucoup de soldats de Napoléon : des Allemands, des Italiens et des Français en divers uniformes. À droite et à gauche du poteau se tenait une ligne de troupes françaises en uniforme bleu à épaulettes rouges, en guêtres et casques.

Les criminels furent placés en un certain ordre indiqué dans la liste (Pierre était le sixième) et on les fit approcher du poteau. Tout à coup quelques tambours battirent de chaque côté : à ce son il sembla à Pierre qu’une partie de son âme se déchirait. Il perdit la capacité de réfléchir ; il ne pouvait