Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/410

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VIII

Napoléon entre à Moscou après une bataille brillante, la victoire n’est pas douteuse puisque le champ de bataille reste aux Français. Les Russes reculent et rendent la capitale. Moscou est pleine de provisions, d’armes, de richesses incalculables et tout cela est entre les mains de Napoléon. L’armée russe, deux fois plus faible que celle des Français, ne fait pas pendant un mois une seule tentative d’attaque. La situation de Napoléon est des plus brillantes. Il semble qu’après cela il ne fallait pas un génie particulier pour se jeter avec des forces doubles sur les restes de l’armée russe et la détruire, pour s’assurer une paix avantageuse, ou, en cas de refus, faire un mouvement menaçant sur Pétersbourg, ou, dans le cas d’insuccès, retourner à Smolensk ou à Vilna, ou rester à Moscou, pour, en un mot, conserver cette situation brillante dans laquelle se trouvait, pendant ce temps, l’armée