Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/108

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pour quatre cents âmes il y en a soixante. Dans le district de Trasniensk pour cinq cents âmes, il y a soixante-dix élèves. Partout, même avec le nombre très restreint des écoles, le nombre des élèves n’est pas 5 pour 100 de la population totale mais 12 à 15 pour 100. Il faut encore remarquer que tous les enfants ne vont pas à l’école et que les filles ne font que 1/20 de la population scolaire.

Ainsi, pour une population masculine de mille âmes, dit le projet, il faut compter cinquante garçons qui, par leur âge, doivent recevoir l’instruction primaire, et pour un nombre égal de la population féminine, jusqu’à cinquante filles.

L’enseignement d’un tel nombre d’élèves ne sera pas excessif pour un seul maître.

Comme nous l’avons montré plus haut, il y aura trois fois plus d’élèves. Mais même, il est non seulement difficile mais absolument impossible qu’un seul maître instruise à la fois cinquante garçons et cinquante filles. Chaque Russe sait, qu’en Russie, l’hiver dure six mois avec des gelées et des tourmentes, que l’été, les enfants des paysans travaillent, et que l’hiver ceux qui ont assez d’habits chauds pour aller loin sont rares, qu’ils courent les rues dans la pelisse de leur père, qui dépasse leur tête, et, après être restés un moment dehors, vite à l’isba sur le poêle. En Russie, la plupart des villages de cinquante à cent personnes sont dispersés sur un espace de deux ou trois kilomètres.