Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/372

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Pourquoi ne pas avouer que nous-mêmes étions sous l’influence de la fausse bonté devant les visiteurs ? (Nos élèves lisaient beaucoup plus mal que ceux qui avaient étudié pendant le même temps chez le sacristain.) Le nouveau maître proposa d’introduire la lecture à haute voix d’après les mêmes livres et nous tombâmes d’accord. Une fois obsédés de l’idée fausse que les élèves devaient arriver à lire couramment cette année-là, nous écrivîmes sur l’emploi du temps : — lecture mécanique et expressive — et nous les forçâmes de lire deux heures par jour dans le même livre : c’était très commode pour nous. Mais ce seul écart, quant à la règle de la liberté des élèves, engendra le mensonge et occasionna faute sur faute.

Nous achetâmes des livres, des contes de Pouschkine et de Erchov, et, forçant les élèves à s’asseoir sur les bancs, nous obligeâmes l’un d’eux à lire à haute voix pendant que les autres suivaient dans le livre. Pour contrôler si réellement tous suivaient, le maître les interrogeait tour à tour. Au commencement, cela parut aller bien : les élèves viennent à l’école, tous s’assoient à l’aise sur les bancs, l’un lit, les autres suivent. Celui qui lit fait une faute, les autres ou le maître corrigent et tous suivent : — « Ivanov, lis ! » lvanov cherche un peu et se met à lire. Tous sont occupés : ils écoutent ce que dit le maître, les mots sont bien prononcés, la lecture assez courante. On dirait que c’est bien. Suivez