Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/374

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ligne juste la ponctuation, par la voix, quand il comprend ce qu’il prononce. Mais il est plus facile de lui faire comprendre ce qu’il dit d’après le livre (ce à quoi tôt, ou tard, il doit arriver), que de le lui enseigner d’après la ponctuation, comme de chanter d’après les notes. Et comme cela semble plus commode pour le maître !

Le maître tend toujours à choisir le système d’enseignement le plus commode pour lui. Plus le moyen est commode pour le maître, moins il l’est pour l’élève. Seul le moyen d’enseignement qui satisfait les élèves est juste.

Ces trois lois de l’enseignement se reflétèrent de la façon la plus frappante à l’école de Iasnaïa-Poliana par la lecture mécanique. Grâce à l’esprit vivant de l’école, surtout quand les anciens élèves y revenaient après les travaux champêtres, cette lecture disparut d’elle-même. Les élèves qui s’ennuyaient commencèrent à faire du tapage, à manquer la classe. Et, surtout, la lecture des récits, qui contrôlait les succès de la lecture mécanique, prouva que ce succès ne se prolongeait pas plus de cinq semaines ; après, les élèves n’avançaient plus et plusieurs même rétrogradaient. Le meilleur élève en mathématiques de la première classe, R…, qui savait extraire parfaitement la racine carrée, avait, pendant ce temps, perdu à un tel point l’habitude de lire, qu’il dut recommencer par les syllabes. Nous abandonnâmes la lecture d’après un