Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/387

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nécessaire pour l’instruction du peuple de développer la possibilité et le désir de lire de bons livres, alors que les bons livres sont écrits dans une langue que le peuple ne comprend pas. Pour arriver à comprendre, il faut beaucoup lire et pour lire volontiers, il faut comprendre. Où donc est l’erreur et comment sortir de cette situation ?

Il existe peut-être une littérature transitoire que nous ignorons ; l’étude des livres qui circulent dans le peuple et l’opinion du peuple sur ces livres nous découvriraient les voies par lesquelles les gens du peuple arriveront à comprendre la langue littéraire. Nous consacrerons à cette étude la critique spéciale de notre revue et nous demandons à tous ceux qui comprennent l’importance de cette œuvre de nous envoyer leurs articles sur ce sujet.

La cause tient peut-être à notre détachement vis-à-vis du peuple, à l’instruction forcée de la classe supérieure ; le temps seul pourra peut-être y remédier et verra paraître non seulement une chrestomatie, mais une littérature tout entière, intermédiaire, qui sera faite de tous les livres publiés actuellement et qui d’eux-mêmes, organiquement, formeront le cours de lecture graduelle. Il se peut aussi que le peuple ne comprenne pas et ne puisse comprendre notre langue littéraire parce qu’il n’a rien à comprendre, ou parce que toute notre littérature n’est pas bonne pour lui et qu’il élabore sa propre littérature. Enfin, la dernière hypothèse