Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/398

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quoi tourmenter autant les enfants, puisque tout vient de soi-même dès que le besoin s’en fait sentir. Le désir et le besoin de savoir ne viendraient-ils pas de la même façon ?

Dans la deuxième classe les élèves écrivent, sur les ardoises, des compositions d’après un récit oral de l’histoire sainte, ensuite ils recopient sur le papier. Dans la petite classe on écrit n’importe quoi. En outre, les plus jeunes, dans la soirée, écrivent des phrases détachées composées par tous ensemble : l’un écrit, les autres chuchotent leurs remarques sur ses fautes et n’attendent que la fin pour les lui montrer, et, parfois, eux-mêmes font des fautes. C’est pour eux un grand plaisir d’écrire correctement et de corriger les fautes des autres. Les aînés ne perdent pas une lettre dans la correction des fautes, ils s’appliquent pour bien écrire, mais ils détestent la grammaire et l’analyse, et, malgré notre penchant pour l’analyse, ils ne l’admettent qu’à très petite dose, et pendant qu’on enseigne l’analyse ou ils s’endorment ou ils ne viennent pas à l’école.

Nous avons essayé plusieurs fois d’enseigner la grammaire, et nous devons avouer que nous n’avons jamais pu rendre cet enseignement intéressant. Dans les deux premières classes, pendant l’été, le nouveau maître a essayé de commencer à expliquer les propositions, et seulement, quelques enfants au commencement, y ont pris de l’intérêt,