Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/467

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des champs qui ne sont point intéressants. J’ai essayé de leur donner des repères géographiques, comme, par exemple, Moscou, Kiev, mais tout cela restait dans leur tête sans aucun lien, et ils étaient obligés d’apprendre par cœur. J’essayai de dessiner des cartes géographiques, et cela, en effet, les intéressait et secondait leur mémoire. Mais, de nouveau, la question parut : Pourquoi aider leur mémoire ? Je me mis aussi à leur parler des pays polaires et équatoriaux ; ils écoutaient avec plaisir et pouvaient répéter ; mais de ces récits, ils se rappelaient tout, sauf ce qui avait trait à la géographie ; et le principal, c’est que le dessin du plan du village n’était que du dessin et non de la géographie. Les dessins des cartes et des plans, ce n’était pas de la géographie, pas plus que les récits sur les animaux, les forêts, les plaines, les villages. C’étaient des contes, et non de la géographie ; la géographie, c’était seulement ce qu’ils apprenaient pas cœur. De tous les nouveaux manuels — Groubé, Bernatzkï — aucun n’était intéressant. Un petit livre oublié de tous, semblable à la géographie, se lisait mieux que les autres et, selon moi, c’est le meilleur spécimen de ce qui peut se faire pour préparer les enfants à l’étude de la géographie, pour exciter leur intérêt, c’est Parléë, traduction russe de 1837. Ce livre sert plutôt de fil conducteur pour le maître qui, d’après lui, raconte ce qu’il sait sur chaque pays et sur chaque ville.