Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/154

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Il prit la scie, elle était ébréchée et ne sciait pas. Alors, il leur dit :

— Cessez de vous disputer : la hache ne coupe pas et la scie ne scie pas. Affûtez d’abord vos outils et, ensuite, vous discuterez.

Mais les paysans se fâchèrent encore davantage l’un contre l’autre, parce que l’un avait une hache émoussée, l’autre une scie ébréchée. Et ils finirent par se battre.


Les Chiens et le Cuisinier.

Un cuisinier préparait le dîner. Les chiens étaient couchés près de la porte de la cuisine. Le cuisinier avait tué un petit veau, il jeta les intestins dans la cour. Les chiens s’en emparèrent, les mangèrent et dirent :

— C’est un bon cuisinier, il travaille bien.

Quelque temps après, le cuisinier, ayant épluché des pois et de l’ail, jeta les épluchures. Les chiens se jetèrent dessus, détournèrent le nez et dirent :

— Le cuisinier s’est gâté : auparavant, il cuisinait bien, maintenant, il ne fait plus rien de bon.

Mais le cuisinier n’écouta point les chiens et continua de préparer le dîner à sa guise. C’étaient les maîtres qui mangeaient le dîner et l’en félicitaient, et non les chiens.