Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/32

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ignorance, soit en vertu de cet adage : Ein Narr kann mehr fragen als zehn Weise antworten (un sot peut demander plus que dix sages ne peuvent répondre).

Dans l’enseignement de l’arithmétique basé sur les mêmes principes pédagogiques, il se passe absolument la même chose. On raconte également aux élèves ce qu’ils savent ou on leur enseigne tout à fait arbitrairement des combinaisons qui ne reposent sur rien. La leçon citée et toutes les autres jusqu’à la dixième ne sont que la transmission de ce que savent tous les élèves. Si, souvent, ils ne répondent pas aux questions de cette sorte c’est que parfois la question elle-même (comme celle des chariots) est mal formulée ou mal comprise des enfants. Ils éprouvent à répondre à pareille question la même difficulté qu’un enfant bien doué à répondre sans hésiter à cette interrogation : Noé avait trois fils, Sem, Cham et Japhet ; qui était leur père ? Ici la difficulté n’est pas mathématique, elle est syntaxique, elle provient de ce que dans l’énoncé du problème le sujet n’est pas le même que dans la réponse, et, quand à la différence syntaxique, s’ajoute l’incorrection grammaticale de l’énoncé, alors l’élève éprouve une grande difficulté, mais cette difficulté n’est aucunement mathématique.

Je défie quiconque de comprendre du premier coup le problème suivant posé par M. Evtouchevsky : « Un enfant avait quatre noix, un autre cinq ; le