Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/39

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m’a communiqué les spécimens des résultats pratiques de l’enseignement par la simple vue et de l’enseignement de l’arithmétique par la méthode Groubé. À l’un des élèves, un grand, on a dit : Mets ta main sous le livre. On a dit cela pour montrer aux assistants qu’il connaît déjà les conceptions sur et sous, et l’enfant intelligent qui savait distinguer sur de sous (j’en suis convaincu) quand il avait trois ans, a mis la main sur le livre quand on lui a dit de la mettre sous le livre. J’ai vu maints exemples pareils et ils montrent mieux que tout combien cet enseignement est étranger à l’esprit des enfants russes, et combien il est absurde. L’enfant russe ne peut et ne veut croire (il a trop de respect pour le maître et pour soi) qu’on l’interroge sérieusement quand on lui demande si le plafond est en bas ou en haut, ou combien il a de pieds ! Nous avons vu la même chose en arithmétique : les élèves ne savaient pas même écrire les chiffres et tout le temps de la classe s’exercaient à des calculs par cœur, jusqu’à 10, et pendant une demi-heure ne cessaient de répondre des bêtises aux questions les plus diverses que le maître leur posait sans dépasser le nombre 10. Alors l’enseignement du calcul mental n’a rien donné, et la difficulté syntaxique qui consiste dans l’analyse de la question mal posée restait pour eux telle qu’auparavant. Ainsi les résultats pratiques de l’examen n’ont pas confirmé l’utilité du développement. Mais je veux être tout-à-fait