Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/73

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


nécessité, si elle existait, prouverait l’imperfection de la méthode, de même qu’en hygiène les aliments, les remèdes, les exercices qui excitent le dégoût du malade ne sauraient être utiles. Quiconque a enseigné a remarqué, sans doute, que moins le maître connaît le sujet qu’il enseigne, moins il l’aime, et plus il doit employer la sévérité et la contrainte. Au contraire, plus le maître connaît et aime ce qu’il enseigne, plus son enseignement est naturel et libre. Tous les pédagogues de l’école adverse de la mienne sont d’accord que pour obtenir le succès dans l’enseignement, la contrainte n’est point nécessaire, mais qu’il faut exciter l’intérêt de l’élève. La différence entre nous tient à ce que le principe que l’enseignement doit exciter l’intérêt de l’enfant est, chez les pédagogues de cette école, perdu parmi les propositions sur le progrès qui contredisent ce principe, lesquelles propositions sont pour eux la certitude même et constituent l’objet de leurs contraintes, tandis que moi, je considère l’excitation de l’intérêt de l’élève comme le meilleur ressort et par suite la liberté et le naturel de l’enseignement comme la condition la plus essentielle et la plus importante pour la qualité des études.

Si nous examinons, attentivement, l’histoire de la pédagogie chacun de ses mouvements en avant consiste en un rapprochement plus ou moins grand du naturel des rapports entre le maître et les