Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/98

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demandait de lui acheter en ville deux pouds de farine pour un mois et si avec son rouble je lui achetais une boîte de bonbons nauséeux et lui reprochais son mécontentement l’accusant d’ignorance, ce serait la même chose.

Me conformant à cette règle : que le critique doit expliquer comment il faudrait améliorer ce qu’il ne trouve pas bon, je tâcherai d’indiquer comment on devrait modifier l’œuvre scolaire pour qu’elle ne fût pas un jeu et que l’avenir lui fût ouvert. La solution est la même que celle que j’ai proposée aux deux premières questions : la liberté. Il faudrait laisser au peuple la liberté d’organiser ses écoles comme il l’entendrait et s’immiscer le moins possible dans l’œuvre scolaire. C’est le seul moyen pour aplanir aussitôt les principaux obstacles qui entravent la multiplication des écoles, et qui paraissent insurmontables. Les obstacles principaux sont : l’insuffisance des ressources et l’impossibilité de les augmenter.

Au premier, le peuple répond en employant tous les moyens possibles pour que les écoles soient bon marché ; au deuxième, le peuple répond en disant que les ressources se trouveront toujours pourvu qu’il en soit le maître. Mais pour les installations inutiles il ne veut point augmenter les dépenses.

La différence essentielle entre l’opinion du peuple et celle de l’administration des zemstvos et