Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/297

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désapprobation était demeurée toute théorique ; à l’heure actuelle, elle se trouvait renforcée par l’impression désagréable qu’il venait d’éprouver dans le salon d’attente de l’avocat.

— Il va venir tout de suite, revint lui dire le secrétaire.

Et, en effet, deux minutes après, apparut dans la porte la longue personne d’un vieux magistrat en conférence avec l’avocat, et par derrière, l’avocat lui-même.

C’était un petit homme, large et dodu ; il portait une barbe noire tirant sur le roux, ses sourcils étaient longs et clairs et son front proéminent. Sa mise depuis sa cravate et sa double chaîne de montre jusqu’à ses chaussures vernies était d’une élégance de jeune premier. Son visage était intelligent mais rustique, son costume élégant mais de mauvais goût.

— Veuillez entrer, dit l’avocat s’adressant à Alexis Alexandrovitch ; et, laissant passer devant lui Karénine, il referma la porte. — Asseyez-vous, je vous prie, reprit-il en lui désignant un fauteuil près de la table chargée de divers papiers, et, s’asseyant lui-même devant le bureau, il se mit à frotter l’une contre l’autre ses mains aux doigts courts et velus puis inclina la tête de côté.

Mais, à peine avait-il surmonté sa joie, qu’une teigne vola au-dessus de la table. L’avocat, avec une rapidité dont à le voir on ne l’eût jamais sup-