Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/353

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lui dit Dolly avec un sourire craintif en le rencontrant à l’entrée du salon. J’ai besoin de vous parler. Asseyons-nous ici.

Avec la même expression d’indifférence que lui donnaient ses sourcils soulevés, Alexis Alexandrovitch s’assit près de Daria Alexandrovna et s’efforça de sourire.

— D’autant plus volontiers, dit-il, que je voulais vous prier de m’excuser et prendre congé de vous. Je dois partir demain.

Daria Alexandrovna était fermement convaincue de l’innocence d’Anna. Elle se sentait pâle et ses lèvres tremblaient de colère en face de cet homme froid et insensible, impassiblement résolu à perdre son amie innocente.

— Alexis Alexandrovitch, dit-elle avec une décision désespérée, en le regardant dans les yeux, je vous ai demandé des nouvelles d’Anna et vous ne m’avez pas répondu : comment va-t-elle ?

— Je crois qu’elle va bien, Daria Alexandrovna, répondit-il sans la regarder.

— Alexis Alexandrovitch, excusez-moi… je sais que je n’en ai pas le droit… Mais j’aime et j’estime Anna, comme une sœur… Je vous prie, je vous supplie de me dire ce qu’il y a entre vous. De quoi l’accusez-vous ?

Alexis Alexandrovitch fronça les sourcils, et fermant presque les yeux, baissa la tête.

— Je suppose que votre mari vous a fait connaître