Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/384

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Son frère lui conseilla d’emprunter de l’argent lui disant qu’il aurait beaucoup de frais de cadeaux…

— Ah ! Il faut des cadeaux ? se dit-il, et il courut chez Fuldé.

Et chez le pâtissier, chez Fomine ou chez Fuldé, partout il voyait qu’on l’attendait, qu’on était heureux de le voir et qu’on fêtait son bonheur comme d’ailleurs chez tous ceux à qui il avait affaire en ces circonstances. Chose extraordinaire : Non seulement tout le monde semblait l’aimer, mais les personnes mêmes qui autrefois lui paraissaient antipathiques, froides ou indifférentes, l’admiraient, s’inclinaient en tout devant lui, se montraient avec lui timides et délicates et partageaient sa conviction qu’il était l’homme le plus heureux du monde parce que sa fiancée était au-dessus de toute perfection.

De son côté Kitty éprouvait les mêmes sentiments. La comtesse Nordston s’étant permis de dire qu’elle lui eût souhaité un meilleur parti, Kitty s’emporta tellement et prouva avec tant d’éloquence qu’elle n’aurait pu trouver mieux que Lévine, que celle-ci dut en convenir, et, en présence de Kitty, elle ne rencontrait plus Lévine qu’avec un sourire d’admiration.

L’explication qu’avait promise Lévine fut le seul incident pénible de cette heureuse période. Il consulta le vieux prince, et avec sa permission remit