Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/120

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— Très mal. Il ne se lève plus. Il vous attend toujours. Il… Vous… êtes avec madame ?

Lévine ne comprit pas tout d’abord ce qui la gênait, mais aussitôt elle le lui expliqua :

— Je m’en irai… j’irai à la cuisine, prononça-t-elle. Il sera très heureux… Il sait que vous êtes venu avec madame… Il se rappelle l’avoir vue à l’étranger…

Lévine comprit qu’elle parlait de sa femme et ne sut que répondre.

— Allons, allons, dit-il.

Mais à peine avait-il fait un pas que la porte de leur chambre s’ouvrit et Kitty montra sa tête. Lévine rougit de honte et de dépit en voyant sa femme dans une aussi fausse position. Mais Marie Nikolaievna rougit encore bien plus. Elle se faisait toute petite, prête à pleurer, et saisissant des deux mains les coins de son fichu, elle les tortillait entre ses doigts rouges, ne sachant que dire ni que faire.

Lévine s’aperçut de l’expression de curiosité avide qui se peignit dans le regard jeté par Kitty sur cette femme incompréhensible, et presque terrible pour elle ; ce fut l’affaire d’une seconde.

— Eh bien ! Comment va-t-il ? leur demanda-t-elle.

— Nous ne pouvons rester à causer ici, dit Lévine d’un air irrité en apercevant un monsieur dans le couloir.