Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/174

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uniforme devant qui il devait passer. « Il n’est que trop vrai, tout est mal en ce monde », pensa-t-il, regardant encore une fois les mollets du chambellan.

Alexis Alexandrovitch avançait sans se hâter, de l’air fatigué et digne qui lui était ordinaire ; il salua les messieurs qui parlaient de lui, et, regardant la porte, chercha des yeux la comtesse Lydie Ivanovna.

— Alexis Alexandrovitch ! cria le petit vieillard dont les yeux brillaient méchamment, tandis que Karénine passait près de lui en le saluant froidement, je ne vous ai pas encore félicité, et il désigna la nouvelle décoration.

— Je vous remercie, répondit Alexis Alexandrovitch. Quel beau jour ! ajouta-t-il appuyant selon son habitude sur le mot beau.

Il savait que ces messieurs se moquaient de lui, mais n’attendant d’eux que des sentiments hostiles, il y était indifférent.

Apercevant les épaules jaunes de la comtesse Lydie Ivanovna qui entrait, et ses beaux yeux pensifs, Alexis Alexandrovitch eut un léger sourire qui découvrit ses dents blanches et il s’avança vers elle.

La toilette de Lydie Ivanovna lui avait coûté un grand effort d’imagination, comme toutes celles que dans ces derniers temps elle se composait, car elle poursuivait un but bien différent de celui qu’elle se