Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/253

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Kitty la première rompit le silence. Elle se rappelait l’heure qui avait précédé son mariage et son emballement pour Vronskï.

— Une seule chose… cette ancienne passion de Varenka, dit-elle en vertu d’une association d’idées. Je voulais en parler à Serge Ivanovitch, le préparer… Tous les hommes sont horriblement jaloux de notre passé, ajouta-t-elle.

— Pas tous, dit Dolly. Tu en juges d’après ton mari. Je suis sûre que le souvenir de Vronskï le tourmente encore. N’est-ce pas ?

— C’est vrai, dit Kitty pensive, en souriant des yeux.

— Je ne comprends pas en quoi ton passé peut l’inquiéter ? intervint la vieille princesse. Vronskï t’a fait la cour, mais à quelle jeune fille cela n’arrive-t-il pas ?

— Il ne s’agit pas de cela, répondit Kitty en rougissant.

— Non, permets, continua la mère. C’est toi qui n’as pas voulu me permettre de parler à Vronskï. Tu te souviens ?

— Ah ! maman ! fit Kitty avec une expression de souffrance.

— Maintenant on ne peut vous retenir… Vos relations ne sont pas allées plus loin qu’il ne convenait… moi même y veillais… D’ailleurs, ma chérie, il n’est pas du tout bien pour toi de t’émotionner. Je t’en prie, n’y pense plus et calme-toi.