Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/39

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voulait de lui. Malgré tout ce qu’on lui disait, il ne donnait jamais la main qu’il fallait, et les autres découragés allaient déjà y renoncer quand enfin, il comprit qu’il devait, sans changer de position, prendre de la main droite, la main droite de sa fiancée. Le prêtre fit alors quelques pas devant eux et s’arrêta près du pupitre. La foule des parents et des invités s’avança derrière eux, dans un froufrou de robes ; quelqu’un se pencha pour arranger la traîne de la mariée ; puis le silence devint tel qu’on entendait les gouttes de cire tomber des cierges.

Le vieux prêtre, en calotte, ses cheveux blancs brillants comme de l’argent retenus derrière les oreilles, retira ses petites mains ridées de dessous la chasuble d’argent, ornée d’une croix dans le dos, et toucha quelque chose près du lutrin.

Stepan Arkadiévitch s’approcha doucement de lui, lui chuchota quelque chose à l’oreille, et faisant des yeux un signe à Lévine, retourna à sa place.

Le prêtre alluma deux cierges ornés de fleurs, en les tenant un peu inclinés de la main gauche, de sorte que la cire en dégouttait lentement, puis il se tourna vers les jeunes gens. C’était ce même prêtre qui avait confessé Lévine. Il regarda les mariés d’un œil fatigué et triste, soupira, et, sortant sa main droite de dessous la chasuble, les bénit ; puis, avec une nuance de tendresse, posa ses doigts, pliés, sur la tête baissée de Kitty. Ensuite il