Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/421

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XXV

Vronskï et Anna passèrent à la campagne la fin de l’été et une partie de l’automne, sans faire aucune démarche pour obtenir le divorce et régulariser leur situation.

Tous deux avaient décidé de rester chez eux, mais tous deux sentaient, surtout après le départ de leurs hôtes, qu’ils ne supporteraient pas longtemps une vie pareille et qu’il faudrait la modifier.

En apparence ils avaient tout ce qu’on peut désirer : ils étaient riches, bien portants, ils avaient un enfant, leurs occupations leur plaisaient. Anna, sans amis ni invités, travaillait et lisait beaucoup, tantôt des romans, tantôt les livres sérieux à la mode. Elle faisait venir tous les ouvrages de valeur que citaient les journaux et les revues étrangères qu’elle recevait, et avec cet intérêt pour les choses lues, qui ne se développe que dans l’isolement,