Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/464

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Mais ce jour on fêtait la victoire du jockey. Vronskï était assis au haut de la table. À sa droite il avait le jeune gouverneur de la province, un général de la suite impériale. Pour tout le monde c’était le chef de la province, c’était lui qui avait ouvert solennellement les élections, lui qui avait prononcé le discours d’ouverture, et tous, comme le remarquait Vronskï, lui témoignaient du respect et de la déférence. Pour Vronskï, au contraire, le gouverneur, c’était tout simplement Maslov — Katka, comme on l’avait surnommé au corps des pages — qui était gêné en sa présence et que lui, Vronskï, tâchait de mettre à l’aise.

À sa gauche était assis Névédovski, au visage jeune, résolu et sarcastique. Avec lui, Vronskï était simple et plein d’égards.

Sviajski supportait gaîment son insuccès. Ce n’était pas même un insuccès, et en tendant sa coupe de champagne vers Névédovski il dit lui-même qu’on ne pouvait choisir un plus digne représentant du nouveau parti de la noblesse, ajoutant que tous les honnêtes gens se félicitaient du succès de ce jour et acclamaient l’élu.

Stépan Arkadiévitch, content de la satisfaction générale, s’amusait franchement. Pendant le dîner on se rappela les divers épisodes de l’élection. Sviajski reprenait ironiquement le discours larmoyant du maréchal de la noblesse et remarquait, en s’adressant à Névédovski, que Son Excellence