Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/468

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XXXII

Anna, avant le départ de Vronskï pour les élections, s’étant dit que les scènes qui se répétaient chaque fois qu’il devait s’absenter pouvaient le refroidir plutôt que l’attacher, avait résolu de faire les plus grands efforts pour supporter avec calme la séparation. Mais le regard froid et impérieux avec lequel il lui annonça qu’il s’absentait, la blessa, et à peine était-il parti que ses bonnes résolutions s’évanouirent. Restée seule, elle commenta ce regard, y vit l’affirmation de son droit à la liberté, et, comme toujours, elle arriva à la même conclusion : à la conscience de sa déchéance. « Il a le droit de partir où et quand il veut, et même de me quitter. Il a tous les droits ; moi, je n’en ai aucun. Mais sachant cela il ne devrait pas agir ainsi… Et qu’a-t-il fait ? Il m’a regardée d’un œil froid, sévère. Évidemment c’est peu, c’est vague…, cependant,