Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/277

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Il se leva, ouvrit sa porte, sortit et cria dans l’escalier :

— Bonne femme ! Eh ! bonne femme !

L’étrangère l’entendit et se tourna vers lui.

— Pourquoi donc rester au froid avec ton enfant ? Viens chez moi, tu seras mieux pour le soigner… Par ici ! Par ici !

La femme toute surprise aperçoit un vieillard en tablier et en lunettes qui lui fait signe de venir. Elle le suit. Elle descend l’escalier et entre dans la chambre.

Le vieillard amena la femme près du lit :

— Ici, viens donc ici, lui dit-il. Assieds-toi plus près du poêle. Chauffe-toi et fais téter ton petit.

— C’est que je n’ai plus de lait, répondit-elle. Depuis ce matin je n’ai moi-même rien mangé.

Cependant elle donna le sein à l’enfant.

Avdieitch hocha la tête. Il s’approcha de la table, prit du pain, un bol, ouvrit le poêle, où cuisaient les choux, sortit le pot de gruau, mais comme il n’était pas encore cuit, il mit seulement de la soupe aux choux dans le bol et le posa sur la table. Il coupa du pain, décrocha une serviette et mit le couvert.

— Assieds-toi, dit-il, et mange, ma bonne femme ! Moi, je garderai un peu ton enfant. J’ai eu aussi des enfants, moi, et je sais les soigner.

La femme se signa, puis se mit à table et mangea, tandis qu’Avdieitch, s’étant assis sur le lit avec l’enfant, lui envoyait des baisers pour le consoler.