Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/315

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naissez votre métier. Allez, et ne revenez pas avant de les avoir brouillés tous les trois : car, autrement, je vous punirais cruellement.

Les diablotins se rendent dans leur marécage pour arrêter leur ligne de conduite. On discute, on discute ; chacun veut garder pour soi la tâche la plus facile. Ils décident enfin de tirer au sort ce que chacun aura à faire ; et si l’un des trois a terminé sa besogne avant les autres, il viendra aider ses deux compagnons. Les diablotins tirent au sort, fixent le jour où ils se réuniront de nouveau dans le marécage pour savoir qui aura terminé sa tâche et lequel il faudra aider.

Le jour convenu est arrivé ; les diablotins se réunissent dans leur marécage. Ils se mettent à causer de leurs affaires. Le premier parle de Simon le Guerrier.

— Ma besogne est en bonne voie, dit-il. Demain, Simon ira chez son père.

Ses compagnons lui demandèrent comment il s’y était pris.

— Mon premier soin, dit-il, fut d’inspirer à Simon un tel courage, qu’il promit à son tzar de lui conquérir le monde entier. Alors, le tzar fit de Simon le chef de l’armée et l’envoya guerroyer contre le tzar indien. Les armées étaient déjà en présence. La même nuit, j’ai mouillé la poudre dans le camp de Simon ; puis je me suis rendu chez le tzar indien, et avec de la paille, j’ai fabriqué des