Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/327

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sogne. Ivan entailla l’arbre de manière à le faire tomber sur une place vide, puis se mit à le pousser ; mais l’arbre tomba du mauvais côté et s’accrocha aux branches voisines. Ivan prit une perche pour dégager l’arbre, qu’il eut beaucoup de peine à faire tomber. Puis il attaqua un autre arbre ; ce fut la même chose. Il peinait, peinait, et ce fut au prix d’efforts inouïs qu’il réussit à l’abattre. Il passa à un troisième : c’était toujours la même chose.

Ivan avait projeté d’abattre une cinquantaine de jeunes arbres, il n’en avait pas même mis dix par terre quand la nuit tomba. Il était harassé ; une vapeur s’échappait de lui comme un brouillard dans une forêt, et il travaillait toujours. Il abattit encore un arbre, mais il se sentit si mal aux reins qu’il n’y put tenir davantage. Il jeta sa cognée et s’assit pour se reposer.

Le diablotin, voyant Ivan s’arrêter, se réjouit : « Bon, pensa-t-il, il est fatigué, il va laisser là le travail, je vais me reposer moi-même un moment. » Tout joyeux il se mit à califourchon sur un arbre. Mais voilà qu’Ivan se lève, saisit sa cognée, la brandit, et la lance à toutes forces contre l’arbre qui tombe en craquant.

Le diablotin n’eut pas le temps de retirer ses jambes ; la branche se brisa et lui prit une patte. Ivan se mit à élaguer la branche.

Il aperçoit un diablotin vivant. Il s’étonne.