Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/354

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travaillerez, moi je dirigerai, et je vous paierai avec de l’or.

Et il leur montra l’or. Les imbéciles s’étonnèrent. Ils ne connaissaient pas l’argent : ils n’échangeaient entre eux que les produits de leur travail. Ils admirèrent l’or.

— Ces objets sont jolis, dirent-ils.

Et ils donnèrent leur travail au monsieur cossu en échange de ces objets d’or. Comme chez Tarass, le vieux diable répandit l’or à poignées ; on lui donna en échange des travaux et des produits de toutes sortes.

Tout joyeux il pensa : « Mes affaires vont au mieux. Je vais ruiner l’Imbécile comme j’ai ruiné Tarass, et l’acheter lui-même avec tous ses imbéciles. »

Mais quand les imbéciles eurent réuni assez de pièces d’or, ils les donnèrent à leurs femmes pour s’en faire des colliers ; toutes les jeunes filles en mirent dans leurs tresses, et les petits enfants commencèrent à jouer avec dans la rue. Les Imbéciles trouvèrent qu’ils en avaient assez et n’en voulurent pas davantage. Cependant la maison du monsieur cossu n’était encore qu’à moitié bâtie ; et il n’avait pas encore sa provision de blé et de bétail pour l’année. Il annonça qu’on pouvait venir travailler chez lui, et lui apporter du blé et du bétail, en échange de quoi il donnerait beaucoup de pièces d’or.