Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/383

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FAUT-IL BEAUCOUP DE TERRE POUR UN HOMME ?


I

La sœur aînée, qui habite la ville, est venue à la campagne faire visite à sa sœur. L’aînée a épousé un marchand de la ville ; la cadette, un paysan qui vit à la campagne. Les sœurs boivent le thé et causent. L’aînée vante son existence à la ville. Elle raconte combien elle y vit largement, quelle bonne nourriture ils ont ; et comme elle va aux promenades, aux fêtes et aux théâtres.

La sœur cadette, piquée, se met à dénigrer la vie d’un marchand et à exalter la sienne, celle d’une paysanne.

— Je ne changerais pas mon sort pour le tien, dit-elle. Notre vie, à nous autres, est obscure, c’est