Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/406

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Le chef ôta son bonnet en peau de renard, le mit à terre et dit :

— Voici le point de repère. Pars d’ici et reviens ici. Ce dont tu feras le tour t’appartiendra.

Pakhom sortit son argent, le déposa dans le bonnet, ôta son cafetan et ne garda que sa tunique. Il serra plus fortement sa ceinture, prit un petit sac contenant du pain, attacha à sa ceinture une petite gourde d’eau, redressa la tige de ses bottes, prit la pelle que tenait son ouvrier, et se tint prêt à partir. Il se demandait de quel côté aller. C’était bien partout. « C’est bien partout, j’irai du côté où le soleil se lève », pensa-t-il.

Il se mit du côté du soleil et attendit qu’il se levât. Il pensait : « Il ne faut pas perdre de temps, à la fraîcheur la marche est plus facile. »

Les Baschkirs à cheval se tenaient prêts eux aussi à quitter la colline à la suite de Pakhom. Dès qu’il aperçut le disque du soleil Pakhom partit dans la steppe.

Pakhom ne marchait ni lentement ni vite. Il fit une verste, s’arrêta, creusa un trou et mit un jalon. Il poursuivit sa route. Une fois bien en train, il pressa le pas. Après un certain parcours, il creusa et enfonça un autre jalon. Pakhom se retourna. On voyait nettement la colline et les gens qui étaient là ; le cercle d’une roue brillait au soleil. Pakhom jugea qu’il avait parcouru déjà cinq verstes. Se sentant chaud, il enleva sa tunique et la