Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/465

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lisme… Je suis étonné que Tolstoï qui nie, entre autres, l’art, s’entoure d’artistes, et je me demande ce qu’ils peuvent tirer de sa conversation ? Et malgré tout, Tolstoï est peut-être l’homme le plus remarquable de la Russie. »

Avec cette œuvre, Tolstoï commença la série de ses écrits religieux et philosophiques, dont la plupart furent interdits par la censure ; et ce n’est que récemment, après le manifeste du 17/30 octobre 1905, qu’ils sont devenus accessibles au grand public russe.

À la fin des Confessions, Tolstoï déclare qu’il est arrivé à la religion chrétienne du peuple, dont il voit l’essence dans l’humilité, le pardon, l’amour du prochain, et la soumission à la volonté divine. Cette religion, il l’a trouvée dans le peuple en observant sa vie, en étudiant ses contes, sa poésie légendaire, en causant avec les pèlerins respectés du peuple, avec les vieillards, les sectaires, les schismatiques.

Tolstoï a su profiter de cette poésie populaire, et, la revêtant d’une forme littéraire, nous l’a transmise en une série d’admirables contes.

Malgré les persécutions de la censure, malgré l’interdiction de ces récits dans les écoles populaires, ils ont été répandus dans toute la Russie par dizaines de millions d’exemplaires, et non seulement ils ont fait connaître à toute la masse populaire le nom de Tolstoï, mais ils ont contribué au développement de la conscience religieuse du peuple ainsi qu’à sa façon d’envisager l’église officielle.

La plupart de ces récits ont été écrits vers 1880, à l’époque où Tolstoï prit une part plus immédiate à l’instruction du peuple. Dans le présent volume, ils accompagnent Les Confessions parce qu’ils sont le résultat pratique le plus immédiat de cette conception du