Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/118

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XIX

LES KORNAKOV


La deuxième visite qui fût sur mon chemin me mena chez les Kornakov. Ils demeuraient au premier étage d’une grande maison de l’Arbate. L’escalier, très somptueux, mais sans luxe, était admirablement tenu ; partout des tapis fixés par des tringles de cuivre propres, fourbies ; mais il n’y avait ni fleurs, ni glaces. La salle au parquet bien ciré que je traversai pour aller au salon, était meublée sévèrement ; froide et propre, tout y brillait et semblait solide, bien que pas tout à fait neuf, mais il n’y avait là ni tableaux, ni rideaux, aucun ornement. Quelques-unes des princesses étaient au salon. Elles étaient assises si droites, et gardaient une telle immobilité qu’on voyait tout de suite qu’elles n’étaient pas assises de cette façon lorsqu’elles n’avaient pas d’hôtes à recevoir.