Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/305

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LA


MATINÉE D’UN SEIGNEUR


FRAGMENT D’UN ROMAN INACHEVÉ
« UN SEIGNEUR RURAL EN RUSSIE »
(1852)



I


Le jeune Nekhludov avait dix-neuf ans, lorsque encore étudiant de troisième année à l’Université, il vint passer les vacances dans sa campagne et y resta seul tout l’été. L’automne vint. D’une écriture jeune, pas encore bien formée, il écrivit en français à sa tante, la comtesse Bielorietzkaia, qu’il considérait comme son meilleur ami et en même temps comme la femme la plus éminente au monde, la lettre suivante :

« Chère Tante,

» Je viens de prendre une décision d’où dépend tout le sort de ma vie. Je quitte l’Université pour