Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/383

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— Je n’en ai pas besoin non plus. Et bien ! Ça essaime déjà ? — demanda Nekhludov en souriant, ne sachant pas à quoi.

— Oh ! c’est trop tôt, mon père Mitri Mikolaïévitch [1] — répondit le vieux qui exprimait une amabilité particulière dans cette appellation par le prénom du maître et celui de son père. — À peine ont-elles commencé à apporter leur prise. Cette année, comme vous le savez, le printemps a été froid.

— Et moi, j’ai lu dans les livres — commença Nekhludov en chassant une abeille qui s’empêtrait dans ses cheveux et lui bourdonnait près de l’oreille — j’ai lu que si la cire est posée droit dans les rayons, l’abeille essaime plus tôt. Et pour cela, on fait des ruches spéciales en planches… avec des cloisons…

— N’agitez pas les mains, c’est pire. Ne voulez-vous pas prendre un masque ?

Nekhludov était mal à l’aise, mais par un amour-propre enfantin, il ne voulait pas l’avouer, et refusant de nouveau le masque, il continua de parler au vieillard de cette construction des ruches qu’il avait lue dans la Maison rustique, et d’après laquelle, disait-il, l’abeille devait essaimer deux fois plus. Mais une abeille le piqua plus fort au cou et il s’arrêta, s’embrouilla au milieu de la conversation.

  1. Altération de Dmitri Nilolaïevitch.