Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/386

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comme explication, il est dit que, d’après la loi de Moïse, la justice s’obtient par le tribunal et par les punitions. Et moi, je vous dis, répond Christ : « Ne vous défendez pas contre le mal, c’est alors que vous atteignez la justice. »

Il semble que de cela découle naturellement qu’on ne peut pas et qu’il ne faut pas juger et condamner aux punitions. Si même il n’était pas dit après cela : ne jugez pas et ne condamnez pas, cela n’en serait pas moins clair, parce que Jésus-Christ enseigne de pardonner à tous. Qui donc punira s’il enseigne à tous de ne pas résister au mal, de ne pas se venger ? Même dans la première interprétation de la loi : Tu ne tueras point, il est dit : Ne te mets pas en colère contre ton frère. En outre, est-ce que toute la doctrine du pardon, toutes les paraboles sur la femme adultère, sur le débiteur, est-ce que tout cela ne dit pas la même chose ? Mais ici, directement, en deux mots clairs, auxquels on ne peut attribuer aucun autre sens, il est dit : Ne jugez pas par les tribunaux, ne condamnez pas à la punition. Eh quoi ! Toutes les Églises, tous les commentateurs disent que cela signifie : évitez la médisance, ne calomniez pas — et rien de plus. Ne pas calomnier ni médire c’est déjà quelque chose, mais avant tout il ne faut pas juger par les tribunaux, ni punir, ni corriger, ni venger. C’est le principe, et c’est ce qui est dit.

Et, de nouveau, du quatrième précepte donné