Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/154

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même, qu’on est en droit d’exiger dans l’économe (outre l’intelligence des affaires dont il n’est pas question ici), c’est la fidélité (i Cor., iv, 1).

C’est de cette qualité que parle notre texte : Celui qui n’est pas fidèle à l’égard de la chose moindre ne le sera pas à l’égard de beaucoup ; celui qui ne l’est pas à l’égard de la richesse mauvaise (fausse, prétendue, corruptrice) ne le sera pas à l’égard de la vraie richesse ; celui qui ne l’est pas à l’égard de ce qui ne lui appartient pas, ne recevra pas ce qui (autrement) lui était réservé. Ces sentences n’ont pas besoin de commentaires. L’une des séries d’épithètes s’applique aux biens de la terre, l’autre aux biens spirituels.

La première sentence, toute figurée, se borne à présenter leur valeur respective sous forme d’un simple rapport de quantité ; la seconde énonce ce rapport d’une manière propre et directe ; la troisième enfin, fait ressortir cet élément important, que les biens célestes sont destinés à devenir une véritable propriété, tandis que les biens de la terre, même dans le cas le plus favorable, ne sont jamais qu’un prêt.

On voit donc que la seule chose qui empêche la parabole d’être tout à fait claire, c’est la non-reconnaissance de la propriété comme mal, opposée à la doctrine, il en résulte des réticences telles que celles-ci : « L’argent est un mal tant qu’il est un but ; il peut devenir un bien, quand il est employé comme moyen… » Et être « fidèle à l’égard de la richesse mauvaise. » Il n’est dit nulle part que l’argent peut être un bien, mais partout et toujours il est dit le contraire. Ici la richesse est appelée la richesse de l’injustice, et être fidèle à l’injustice, c’est la même chose que de ne pas avoir de